
Pensez vous que les herbes et les épices ont une place autre que gustative dans notre alimentation ?
Bien sûr ! Ils ont de tout temps été des ingrédients nécessaires dans les diverses cuisines du monde, y compris la nôtre, mais ils étaient surtout utilisés pour leurs goûts, odeurs et couleurs merveilleuses. On ignorait quasiment tout de leurs composants, considérant les faibles quantités utilisées. On avait en effet tendance à sous-estimer par la même occasion leurs qualités nutritionnelles au contraire des grandes familles d’aliments que nous avons l’habitude de consommer comme les céréales, légumes et fruits, produits laitiers, œufs, poissons, viandes…
Qu’est-ce que l’on a appris de nouveau sur les herbes et les épices ?
Que la plupart sont sources d’antioxydants ! Encore fallait-il les doser ou en apprécier les propriétés, ce qui n’est pas une mince affaire quand on connaît la sensibilité des méthodes d’évaluation et de dosage et le nombre d’épices existant.
Au regard des résultats obtenus, on s’aperçoit qu’une cuillère à café d’herbes et d’épices dans un plat peut contribuer significativement à nos apports en antioxydants.
Est ce que nous manquons d’antioxydants ?
Une certaine pauvreté d’apports en antioxydants alimentaires a été constatée dans la population générale. Elle semble principalement liée à une insuffisance globale des apports en fruits, légumes, céréales complètes… et une baisse de la densité nutritionnelle des repas. Dans ce contexte, l’usage quotidien d’herbes et d’épices constitue une opportunité pour compléter nos apports en antioxydants.
En fait vous prônez la consommation d’épices et d’herbes aromatiques à tous les âges de la vie ?
Bien sûr, car les antioxydants sont utiles à tous au quotidien. Les cellules de notre corps sont en permanence exposées à divers stress qui en accélèrent le vieillissement et l’altération du fonctionnement : l’oxygène qui nous fait vivre, est aussi un élément impliqué dans le vieillissement cellulaire. C’est pourquoi notre corps a besoin en permanence d’antioxydants ; il en fabrique, mais il puise l’essentiel de ses réserves dans notre alimentation. Une alimentation équilibrée, variée et suffisante peut nous apporter ce dont nous avons besoin, et les herbes et les épices y contribuent.
Même chez l’enfant ?
C’est même très important chez l’enfant car les herbes et épices ont pour vocation d’éveiller le plaisir de manger en lui faisant découvrir de nouvelles saveurs et odeurs. Les organes sensoriels de l’enfant sont en éveil ; ils ne demandent qu’à être stimulés. Il ne faut pas les endormir par une alimentation monotone et routinière. On introduira donc dans son alimentation des épices douces permettant de varier les recettes et d’élargir son champ d’exploration gustatif : par exemple, une touche de cannelle dans la compote – de basilic ou de ciboulette finement hachés sur la salade de tomates. Cette démarche peut s’appliquer à toutes les périodes de vie... cela peut même devenir une philosophie culinaire car les herbes et les épices sont aux plats ce que la musique est aux petits matins heureux : elle les fait chanter !